Caroline Brisset

« Brocken lines », sculpture en acier, 85 x 105 cm

Née en 1988, Caroline vit et travaille à Liège. Artisanne, ouvrière, artiste et designer, elle travaille le métal à travers la sculpture, l’installation et la performance.  D'après elle, « le statut importe peu quand on parle de la matière.» 

Elle tente inlassablement de modifier les particules invisibles de l’acier. C’est surtout pour provoquer un décalage dans l’habitude, cherchant à déplacer les atomes jusqu’aux limites de leurs capacités. Elle explore la contradiction de l’acte et de la forme et tente de sentir à travers ses sculptures que cette matière, l’acier, est discontinue, fragile et pleine de vide et à la fois très dense, lourde et pesante. Chaque forme est un équilibre éphémère, elle est en mouvement. Tout changement est une catastrophe et toute catastrophe une résurrection… Caroline Brisset explore les limites et les possibilités physiques du métal en le chauffant, le martelant, le tordant, cherchant à lui faire dire quelque chose de lui-même. Souvent inconsciemment, dans ses œuvres elle met l’apparence de la matière en contradiction avec sa constitution. Encore très jeune, Carolina est une artiste reconnue, dont les sculptures ont été exposées lors de l’Art biennal de Montreux (Suisse) et de Lasne (Bélgique). Ces œuvres ont aussi été présentes, entre autres, à la Galerie Acabas à Paris ainsi qu'à la galerie Art Thema à Bruxelles. Sa création la plus récente est la sculpture monumentale pérenne réalisée dans le cadre du mémorial du centenaire de la fin de la guerre 14/18 à Liège (Belgique).Cependant, le statut importe peu quand l’on parle de la matière. Trouver un souffle dans la masse inerte. En faisant cela, elle tente, souvent inconsciemment, à ce que l’apparence de la matière soit en contradiction avec sa constitution. Ce ne sont pas des représentations d’idées ou de sentiments mais des manifestations palpables du métal lui-même, sa forme, son volume, sa température, son équilibre, la poésie qui en émane. L’artiste manipule le métal et tente d’en révéler l’énergie intrinsèque, prenant en compte toutes ses propriétés. Elle explore ses limites et ses possibilités physiques, le chauffe, le martèle, le tord, dans le but de lui faire dire quelque chose de lui-même. Cela peut-être un sentiment de lourdeur exacerbé, ou au contraire une finesse et une fragilité inhabituelle, ou encore un déséquilibre qui trouble par sa posture et par sa forme. C’est un dialogue ouvert avec la matière. Se révèlent alors les capacités formelles dans une matière qui devient un objet empreint d’une identité singulière, et qui relève parfois de l’organique ou du vivant.